Pommes de terre : la filière prépare un protocole de destruction des invendus

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La filière pomme de terre tire la sonnette d’alarme. Avec une récolte 2025-2026 annoncée à un niveau record, une partie des tubercules risque de rester sans acheteur. Et quand des volumes aussi massifs ne trouvent plus de débouchés, la situation devient vite délicate pour les producteurs.

Une récolte abondante, mais des débouchés qui se referment

Cette année, la production atteint 8,6 millions de tonnes. C’est énorme. Pourtant, les usines n’absorbent pas tout. Depuis le début de l’année, elles réduisent leurs achats, car le rythme de transformation s’ajuste à la demande réelle.

Le GIPT, qui réunit les acteurs de la pomme de terre destinée à l’industrie, prévient qu’une grande quantité de pommes de terre pourrait ne trouver aucun débouché. Quelques semaines plus tôt, le CNIPT évoquait déjà près d’un million de tonnes sans sortie commerciale. Le message est clair : l’offre dépasse largement la demande.

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Pourquoi ces pommes de terre posent problème

Quand une pomme de terre n’est pas vendue, elle ne disparaît pas toute seule. Elle doit être stockée, orientée vers un usage particulier ou détruite dans de bonnes conditions. Sinon, le risque sanitaire augmente. Et cela peut vite compliquer encore plus une campagne déjà sous tension.

Les industriels, eux, ne peuvent pas augmenter leurs volumes de transformation par rapport à l’an dernier. Ils n’achètent pas non plus les lots qui ne sont pas prévus dans les contrats. Résultat : les stocks s’accumulent, et la filière cherche des solutions rapides, mais aussi sûres.

La filière mise sur des solutions de secours

Une partie des surplus peut être dirigée vers la méthanisation ou vers l’alimentation animale. Ce sont des issues déjà utilisées lors de la crise de 2020. Mais le problème actuel semble plus large. Selon la filière, ces débouchés dits “sans valorisation” ne suffiront probablement pas à absorber tous les volumes en trop.

Autrement dit, il ne s’agit plus seulement d’écouler un excédent. Il faut aussi éviter qu’une mauvaise gestion des tubercules crée de nouveaux problèmes. C’est là qu’intervient le travail engagé avec Arvalis.

Un protocole de destruction pour éviter les risques sanitaires

La filière prépare actuellement un protocole simple, sécurisé et peu coûteux pour la destruction des pommes de terre invendues. L’objectif est double. Il faut d’abord protéger les exploitations contre les risques sanitaires. Il faut aussi donner aux producteurs des règles claires, faciles à mettre en place rapidement.

Ce protocole doit aider les agriculteurs à gérer des tubercules sans débouché dans un cadre maîtrisé. Cela compte beaucoup dans une période de forte pression. Sans méthode encadrée, les pertes peuvent devenir plus lourdes et les soucis sanitaires plus difficiles à contenir.

Ce que les producteurs doivent retenir maintenant

Pour l’instant, les recommandations techniques doivent être précisées prochainement. Elles seront communiquées aux producteurs, aux coopératives et aux autres acteurs concernés. En attendant, la filière demande à chacun de faire preuve de responsabilité collective.

Le moment est sensible. Une production record devrait être une bonne nouvelle. Mais quand les acheteurs ralentissent, elle devient un casse-tête. Et c’est souvent dans ces périodes-là que des décisions rapides, bien encadrées, font toute la différence.

Les chiffres à garder en tête

Production 2025-20268,6 millions de tonnes
Surplus estimé par le CNIPTprès d’un million de tonnes
Solutions de secoursméthanisation et alimentation animale

Dans les semaines qui viennent, tout dépendra de la capacité de la filière à organiser ce tri des volumes sans débouché. Entre pression économique et vigilance sanitaire, la pomme de terre se retrouve au cœur d’un équilibre très fragile. Et cette fois, chaque tonne compte vraiment.

Marine Giraud
Marine Giraud

Je suis journaliste culinaire et critique gastronomique depuis plus de 12 ans. Diplômée de l’Institut Paul Bocuse et passée par les cuisines de bistrots parisiens puis de maisons étoilées à Lyon et Barcelone, j’ai développé une expertise mêlant terroir français et influences voyageuses. J’ai collaboré avec plusieurs guides et magazines spécialisés en gastronomie et art de vivre. Ma spécialité : raconter les assiettes à travers les producteurs, les lieux et les gestes du quotidien à la maison comme au restaurant. J’écris pour partager des repères fiables et donner envie de cuisiner et voyager avec curiosité.

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