Une recette griffonnée en 1923, un carnet taché, quelques mots d’un autre temps… et tout à coup, l’odeur des beignets de grand-mère qui envahit la cuisine. Vous voyez la scène ? Avec les beignets de carnaval de la grand-mère de Laurent Mariotte, on ne parle pas juste de dessert. On parle de souvenirs, de gestes simples et de vraie gourmandise à l’ancienne.
Une recette de 1923 qui revient sur TF1
Le 25 janvier 2026, sur TF1, Laurent Mariotte a créé la surprise. En plein direct, il annonce calmement : « Je vais vous faire les beignets que me faisait ma grand-mère ». Et là, tout change. On quitte les recettes tendance et on plonge dans un cahier de 1923, commencé quand sa grand-mère avait 11 ans.
Ce carnet parle de « terrine » et de « cuillères à bouche ». Rien de technique, rien de tape-à-l’œil. Juste une cuisine de maison, précise, rassurante. Et c’est justement cela qui touche. Ces beignets de carnaval ont le goût des dimanches d’hiver, des Mardi gras bruyants, des tables trop petites pour tous les enfants qui se pressent autour.
Les ingrédients exacts des beignets de la grand-mère de Laurent Mariotte
Ici, pas de levure, pas de sachets compliqués. La magie vient de la pâte, bien travaillée, et de la friture maîtrisée. Pour 6 à 8 personnes, voici les proportions fidèles à la recette familiale.
Pour la pâte à beignets :
- 500 g de farine de blé (type 45 ou 55)
- 2 œufs entiers
- 2 cuillères à soupe de crème (épaisse ou liquide entière, environ 30 g)
- 2 cuillères à soupe de sucre (environ 30 g)
- 1/2 cuillère à soupe d’huile neutre (environ 5 ml)
- 1/2 cuillère à soupe de rhum ou d’eau-de-vie (environ 5 ml)
- 1 pincée de sel (facultatif mais conseillé pour l’équilibre)
Pour la cuisson et la finition :
- 1 à 1,5 litre d’huile de friture (arachide, tournesol spécial friture ou mélange)
- 100 à 150 g de sucre en poudre pour saupoudrer
Vous le voyez, tout est simple. Mais chaque ingrédient a son rôle. La crème apporte le moelleux, le rhum donne ce parfum discret de fêtes, l’absence de levure rend la pâte fine et croustillante, comme les bugnes et merveilles d’antan.
La vraie méthode pour une pâte sans levure, souple et facile à étaler
La réussite de ces beignets se joue dès le début. Si la pâte est trop dure, elle craque. Trop molle, elle colle au plan de travail. L’idée, c’est de viser cette zone parfaite entre les deux.
Étapes de préparation de la pâte :
- Dans une grande terrine ou un saladier, cassez les 2 œufs.
- Ajoutez la crème, les 2 cuillères à soupe de sucre, la 1/2 cuillère à soupe d’huile et le rhum ou l’eau-de-vie.
- Mélangez au fouet ou à la cuillère jusqu’à obtenir un mélange bien homogène.
- Versez la farine petit à petit, en mélangeant à chaque ajout.
- Quand la pâte devient trop dense, terminez à la main. Ramenez la pâte vers le centre, sans la brutaliser.
- Ajoutez de la farine jusqu’à ce que la pâte ne colle plus aux doigts ni aux parois du saladier.
Vous devez obtenir une boule souple, qui se tient, mais que vous pouvez encore presser sans effort. Quand cette texture est là, arrêtez la farine, même s’il en reste un peu. C’est ce geste qui respecte vraiment la recette de la grand-mère de Laurent Mariotte.
Laissez ensuite reposer la pâte au moins 30 minutes, à température ambiante, recouverte d’un torchon. Ce repos assouplit la pâte et donnera des beignets qui se tiennent mieux à la cuisson.
Découpe, formes et épaisseur : le geste « plateau de grand-mère »
La beauté de ces beignets, c’est leur côté irrégulier, maison. Pas besoin de moules ou de formes parfaites. Juste un rouleau, un couteau ou une roulette à pâtisserie, et vos mains.
Pour façonner les beignets :
- Farinez légèrement le plan de travail.
- Coupez la pâte en deux ou trois morceaux pour la travailler plus facilement.
- Étalez chaque morceau au rouleau, en partant du centre vers l’extérieur.
- Visez une épaisseur de 2 à 4 mm si vous aimez les beignets très croustillants.
- Pour un cœur un peu plus moelleux, restez plutôt entre 5 et 7 mm.
- Découpez en carrés, rectangles ou losanges. Vous pouvez faire une petite fente au centre et passer un coin de pâte dedans pour un effet torsadé, façon bugnes.
Disposez les morceaux de pâte sur un torchon légèrement fariné, sans les superposer. Cette petite attente donne aussi le temps à l’huile de chauffer tranquillement. Toute la maison commence à sentir le carnaval, et il y a souvent quelqu’un qui vient déjà « goûter » un morceau de pâte crue.
Maîtriser la friture comme une grand-mère : doré dehors, tendre dedans
La friture fait souvent peur, mais ici elle est simple. Le secret, c’est la température et la quantité. Ni trop chaud, ni trop froid, et surtout pas trop de beignets en même temps.
Pour une friture réussie :
- Versez l’huile dans une grande casserole ou une friteuse. Remplissez à moitié pour éviter les débordements.
- Chauffez à feu moyen. L’huile ne doit jamais fumer.
- Testez avec un petit morceau de pâte. S’il remonte doucement en faisant de petites bulles et dore en 30 à 40 secondes, la température est bonne, autour de 170-180 °C.
- Plongez quelques beignets à la fois, sans surcharger. Retournez-les dès qu’ils commencent à dorer.
- La cuisson est rapide : en général 1 à 2 minutes par tournée, selon l’épaisseur.
- Retirez-les avec une écumoire et déposez-les sur du papier absorbant.
Dès que les beignets sortent de l’huile, encore très chauds, saupoudrez-les généreusement de sucre en poudre. C’est ce sucre minute qui va bien accrocher et donner ce relief croquant. Le contraste entre la croûte dorée et l’intérieur plus tendre fait tout le charme de ces beignets de grand-mère.
Le coulis de mandarine : le twist moderne de Laurent Mariotte
Sur TF1, la recette a pris un joli virage de saison. Plutôt que de rester sur du tout-sucre, Laurent Mariotte ajoute un coulis de mandarine. Une petite note acidulée, lumineuse, qui réveille la friture et change tout.
Pour un bol de coulis de mandarine (pour 6 à 8 personnes) :
- Jus de 6 mandarines (environ 200 à 250 ml)
- 45 g de sucre en poudre
- 1 cuillère à soupe rase de fécule de maïs (environ 8 g)
Préparation du coulis :
- Pressez les mandarines et filtrez le jus si besoin.
- Dans une petite casserole, mélangez à froid la fécule de maïs avec un peu de jus pour éviter les grumeaux.
- Ajoutez le reste du jus et le sucre. Fouettez bien.
- Faites chauffer à feu doux en remuant sans arrêt.
- En quelques minutes, le coulis épaissit légèrement. Dès qu’il nappe la cuillère, coupez le feu.
- Laissez tiédir ou refroidir. Il va encore un peu se densifier.
Servez les beignets de carnaval avec ce coulis en petite coupelle pour tremper, ou en filet par-dessus. L’acidité douce de la mandarine casse le gras de la friture et donne une impression de dessert plus léger, plus vivant. C’est la rencontre entre le cahier de 1923 et notre façon de manger aujourd’hui.
Pourquoi cette recette touche autant : plus qu’un dessert, une madeleine
Ces beignets de grand-mère, ce n’est pas juste un effet de mode. Ils parlent à quelque chose de très profond. Une odeur dans le couloir, le bruit de l’huile qui crépite, la nappe protégée avec un vieux papier journal… Chacun pense à sa propre enfance.
Pierre Hermé, lui, raconte souvent que la choucroute a bercé son enfance en Alsace. Pour Laurent Mariotte, ce sont ces beignets de carnaval. Pour vous, c’est peut-être une soupe, un gratin, un gâteau simple. Mais l’émotion est la même. Une recette transmise, répétée, jamais vraiment écrite… jusqu’au jour où l’on ouvre un vieux carnet taché.
Bien sûr, on trouve aujourd’hui des beignets « express » au yaourt, parfaits pour les soirs de semaine. Mais cette version-là revendique autre chose. La lenteur, le temps de laisser reposer la pâte, le plaisir de surveiller la friture en famille. L’art du geste plutôt que l’empilement d’ingrédients.
Et si vous écriviez votre propre recette de famille ?
En refaisant les beignets de la grand-mère de Laurent Mariotte, vous cuisinez une histoire qui n’est pas seulement la sienne. Vous rouvrez aussi la porte à vos propres souvenirs. Une tante qui faisait des gâteaux à l’anis, un grand-père qui surveillait les confitures, une voisine qui prêtait sa friteuse.
Pourquoi ne pas noter cette recette dans un cahier, à votre tour ? Avec vos petits ajustements. Plus de rhum, un zeste d’orange, un sucre vanillé, ou ce coulis de mandarine devenu votre signature. Dans quelques années, quelqu’un dira peut-être : « Je vais vous faire les beignets que me faisait ma grand-mère ». Et ce sera vous.
En attendant, farine sur le plan de travail, huile qui chauffe, sucre qui attend dans son bol. Il ne vous reste qu’à enfiler un tablier et à laisser parler cette cuisine d’enfance qui ne vieillit jamais.










